Cet article fait partie d’une série : Part 1 | Part 2 | Part 3

Cet article met l’accent sur la façon dont j’aborde la répétition dans ma musique, ainsi que sur la façon dont je la perçois lorsque je travaille sur la musique de mes clients. Bien que ce soit un sujet très évident dans la musique électronique orientée vers la danse, où les motifs se répètent, je comprends qu’en tant qu’artiste, cela peut être un sujet très personnel. Chaque genre a une façon d’aborder la répétition, et si vous avez parcouru ce blogue, vous reconnaîtrez certains concepts déjà abordés que je vous encourage à approfondir. J’aimerais aborder la répétition en musique en examinant votre flux de travail pour éviter de perdre du temps sur des choses qui peuvent être automatisées.

Tempo

L’utilisation du tempo pour délivrer un message est un sujet très délicat. Souvent, avant de jouer en live dans une salle, je passais un peu de temps sur la piste de danse pour analyser l’ambiance et les besoins des danseurs. Je vérifiais la vitesse du set d’un DJ, la vitesse de transition et la réaction de la foule. J’ai toujours été surpris de voir à quel point le fait de jouer à 122 BPM contre 123 BPM peut changer l’ambiance ; je ne peux vraiment pas expliquer pourquoi. Mais quand je faisais une chanson, je gardais à l’esprit que les DJ puissent l’accélérer ou la ralentir — un facteur important qui affecte l’énergie. Je trouve que des incréments de 5 BPM font un énorme changement dans la densité du son dans le club. Si vous ralentissez des motifs très complexes, les sons ont de l’espace entre eux, ce qui permet aux auditeurs de percevoir le son différemment.

Quel que soit le tempo que vous utiliserez, je vous recommande vivement d’envisager l’utilisation d’un Gate pour vos percussions courtes ou d’utiliser un outil de création d’enveloppes comme Shaperbox 2 pour vraiment modeler l’espace entre vos sons et avoir un « espace blanc » entre chacun d’eux. Si vous optez pour une atmosphère dense, je vous recommande d’utiliser une compression avec un release très rapide et de recourir également à une compression parallèle pour vous assurer de ne pas trop encombrer votre chanson.

Répétition des sons

Une fois que nous avons trouvé quelque chose que nous aimons, nous avons tendance à vouloir le répéter pendant toute la durée d’une chanson. C’est, bien sûr, un peu trop pour quelqu’un qui l’écoute. Les gens s’attendent au changement, car les sons ont des variantes et sont aspirés par quelque chose d’inattendu. John Cage n’est pas d’accord et suggère de répéter une idée pendant dix minutes, ce qui plairait à l’auditeur, mais honnêtement, je n’ai pas entendu beaucoup de chansons (par expérience ou travail) qui m’ont intéressé aussi longtemps.

La question est de savoir à quelle fréquence une idée peut être répétée.

Cela dépend de nombreux facteurs, et bien que je ne prétende pas connaître la vérité, il y a des techniques à garder à l’esprit. J’aimerais vous enseigner la meilleure façon d’apprendre pour votre musique. Laissez-moi vous expliquer certaines de mes règles personnelles — mon « état des lieux » pour valider une chanson et les questions relatives à la répétition.

La première impression est toujours la bonne : c’est vraiment important. 99 % des gens avec qui je travaille commencent à perdre toute perspective et confiance dans le potentiel de leur chanson en faisant des séances prolongées de production. Cela signifie que lorsque vous ouvrez pour la première fois un projet sur lequel vous avez travaillé, ce qui vous frappe au début est ce que vous devez corriger dans cette session. Une fois que c’est fait, il faut l’enregistrer sous un autre nom et le fermer ensuite. Si vous pouvez espacer vos sessions de quelques jours ou semaines (meilleure option), vous pouvez alors vérifier à nouveau votre première impression de la chanson et voir si quelque chose de nouveau s’y oppose.

La chasse aux problèmes vous rattrapera : il y a toujours quelque chose à régler dans votre chanson. Même quand vous pensez que c’est fait, il y aura toujours quelque chose. À un moment donné, il faut se laisser aller et accepter l’imperfection. Beaucoup de gens tombent dans l’état d’esprit de la recherche de problèmes parce qu’ils pensent avoir manqué quelque chose. Il y a de fortes chances qu’ils réparent des choses inutiles. Ce que vous pensez réellement avoir manqué, ce sont des détails qui sont techniquement hors de votre connaissance actuelle. Habituellement, je fais ce que j’appelle une « vérification bête » de ma musique, qui consiste à vérifier les niveaux, les problèmes de phase, les coupures et les résonances. Le reste consiste à peaufiner les détails, ce que je fais en une seule session. Après cela, je la passe à un ami pour avoir son impression. En général, ça fait l’affaire.

Écoutez les yeux fermés : êtes-vous capable d’écouter toute votre chanson les yeux fermés dès la première écoute? Si oui, votre répétition fonctionne, sinon, corrigez, puis passez à autre chose.

Génération de contenu de soutien et variations

En mode production musicale, si vous voulez être efficace et créatif, vous devez disposer d’un grand nombre d’options différentes. Disons que votre motif/accroche est un synthé que vous avez écrit, ce que je suggère, c’est d’avoir de multiples variations de celui-ci.

Dans cette vidéo, Tom présente une façon de travailler qui est vraiment semblable à la mienne (et à celle de beaucoup d’autres personnes). C’est quelque chose qui est un peu long à faire, mais une fois que vous passez en mode création, cela devient vraiment amusant et efficace. La seule chose, c’est que je trouve personnellement qu’il n’utilise pas assez la répétition, et bien que ce soit super utile pour faire des chansons courtes et lentes qui ont une dynamique pop comme dans la vidéo, ce n’est pas génial pour créer de la tension. Trop de changement est divertissant, mais il faut vraiment faire travailler ses muscles créatifs pour que cela reste engageant. Je préférerais qu’une boucle soit jouée au point que l’auditeur passe de « ça devrait changer maintenant » à « je veux que ça change maintenant ». Il y aura peut-être un changement après 3 ou 4 mesures dans votre boucle. C’est à vous d’explorer cette possibilité.

Comment créer des variations?

Il n’y a pas de manière rapide ni de raccourci, créer de bonnes variations demande du temps et de la patience. Il faut aussi quelques séances de conception sonore pour obtenir des résultats intéressants. Pour ce faire, jouer avec le caractère aléatoire des effets est probablement le meilleur point de départ, puis il faut régler en fonction des goûts.

  1. Outils MIDI —La meilleure façon de commencer à éditer est de commencer par régler votre signal MIDI avec différentes options. Les outils MIDI inclus dans Ableton sont vraiment utiles. Aligner un arpège, le changement de la longueur d’une note, ou encore les notes et accords aléatoires sont assez incroyables pour transformer une simple mélodie de deux notes en quelque chose de substantiel. Un plug-in qui est sorti récemment et qui m’a beaucoup impressionné est Scaler 2. J’aime la profondeur qu’il donne avec toutes les différentes gammes, les presets d’artiste (utiles pour un musicien non académique comme moi) et toutes les différentes façons de prendre des mélodies et d’avoir des modèles prêts à être modifiés pour votre chanson. Une façon de s’engager dans ce que vous avez est de tout resampler comme Tom l’a fait dans sa vidéo. Au final, j’aime bien supprimer le canal MIDI parce que sinon, je continue à avoir de nouvelles idées et elles ne seront probablement jamais utilisées. Si vous resamplez tout, vous avez votre son figé dans le temps, vous pouvez le découper et l’arranger pour qu’il s’intègre dans la chanson au moment où il convient le mieux.
  2. Jouer avec l’audio —Une fois que votre idée MIDI est exportée, il est temps de jouer avec pour avoir encore plus d’idées. Il existe deux types d’idées que vous pouvez utiliser pour aborder votre mouvement : les réglages rapides ou les réglages lents. Lorsqu’il s’agit d’un événement rapide, comme un balayage de filtre ou un send de réverbération, j’avais l’habitude de tout faire à la main ; cela prenait des années. Le moyen le plus rapide est de prendre un plug-in muti-effet et de tout randomiser, tout en le resamplant. Celui que j’ai trouvé le plus utile pour cela est Looperator de Sugar Bytes. En interne, vous pouvez générer des idées aléatoires, faire des réglages rapides, contrôler le dry/wet et passer facilement de réglages intenses à doux. Il est possible d’effectuer des réglages rapides (communs à l’EDM ou au dubstep), mais aussi plus lents. Combinez cela avec le plug-in Texture pour ajouter des couches de contenu à n’importe quoi. Par exemple, au lieu d’avoir simplement un bruit de fond, vous le fondez dans une certaine omniprésence dans la chanson afin qu’il puisse y réagir, rendant votre bruit constant vivant et réactif. L’arrière-plan est un bon moyen de rendre tout ce qui est répétitif un peu moins répétitif parce que les oreilles le détectent comme quelque chose de changeant, mais il déplace constamment son centre d’intérêt du premier plan à l’arrière-plan.
  3. Édition —C’est l’étape la plus douloureuse pour moi, mais heureusement, j’ai trouvé un moyen de la rendre plus intéressante grâce au Serato Sampler. Cet outil étonnant permet, comme l’échantillonneur Ableton, de découper, de cartographier et de réorganiser. Vous pouvez le combiner avec un séquenceur comme Riffer or Rozzler (patch Max4Live gratuit) pour créer de nouvelles combinaisons. Pourquoi Serato plutôt que le plug-in de base? Eh bien, c’est tout simplement facile — je veux juste « claquer des doigts », si vous voyez ce que je veux dire, et cela ne demande aucun ajustement.

L’édition est vraiment le domaine où l’on peut différencier les producteurs chevronnés des producteurs débutants. Je propose aux nouveaux venus une simple liste d’idées différentes.

  • Décider des règles internes : certaines personnes aiment avoir des règles précises qui sont fixées au début de la chanson et qui seront ensuite respectées tout au long de la chanson. Je le fais parce que cela m’aide à comprendre l’idée de la chanson. Si vous changez trop, cela peut tomber dans le domaine de l’« expérimentation » et ce n’est peut-être pas ce que vous aviez à l’esprit. De temps en temps, lorsque je suis sollicité pour la finalisation de track, les gens ont un problème avec le dernier tiers ou le dernier quart de leur chanson. Ils perdent leur concentration et essaient d’extrapoler ou de créer de nouvelles idées. Si vous créez suffisamment de matériel au début, vous allez faciliter la dernière partie. Mais quand les gens sont perdus, j’écoute généralement la première minute de la chanson et je leur dis, « voyons ce que vous aviez en tête au début » pour les ramener à cette logique. On peut créer des règles de base en décidant d’un schéma et d’une série d’effets qui se produisent, plus ou moins, en même temps, ou d’une séquence d’éléments ou de sections. La pop a des règles très précises pour les sections, tandis que les « règles » de la techno sont plus liées à la sélection des sons et aux motifs créés.
  • Processus, processus, processus : Si j’ai une piste de claps ou un son différent, je veux en avoir des variations, du subtil à l’extrême. Pourquoi? Parce que même les plus simples vont faire la différence. C’est ce qui rend un vrai batteur humain captivant (s’il est bon!), parce que son jeu change légèrement à chaque fois, même en jouant une boucle. Looperator est un bon outil, mais vous pouvez aussi utiliser les plug-ins de base et vous contenter d’utiliser les presets pour commencer et resampler, jouer avec les boutons au fur et à mesure et vous pouvez déjà obtenir de beaux effets.
  • Dupliquez tout : chaque piste doit avoir des doublons où vous pouvez déposer toutes vos prises wet. Vous pouvez les mettre toutes en sourdine et les activer pour voir comment ça se passe.
  • Le contrôleur MIDI est un plus : Mappez tout ce que vous voulez régler et enregistrez les mouvements de votre jeu. En général, cela vous donnera une impression humaine par rapport à ce qui est créé par un clic de souris. Vous voulez rompre cette habitude.
  • Utilisez vos yeux : je trouve que travailler visuellement avec les clips et créer des motifs est un bon moyen de voir si vous utilisez vos règles internes et de voir si vous utilisez trop de sons.

Après tout cela, comment savoir si la répétition d’une chanson est suffisante, et comment savoir si elle est linéaire?

Valider avec une référence est un moyen rapide de vérifier cela, mais si vous prenez des pauses et espacez vos séances, cela serait également efficace. Mais ce sont les règles internes qui, à mon avis, font que cela fonctionne correctement. Je pense que le plus grand défi auquel les gens sont confrontés est qu’en passant trop de temps sur une piste, ils s’ennuient et veulent pousser les choses, ajouter des couches, changer les règles et ce qui leur semblait peut-être frais au départ sera changé au point où vous n’utilisez pas le principe de répétition à son plein potentiel. Le meilleur exemple d’un maître de la répétition est celui de Steve Reich et de son chef-d’œuvre Music for 18 Musicians. Il n’y a rien de plus captivant que de voir comment on peut créer autant en jouant avec la répétition.

Certains effets ici seraient reproduits avec des delays, des phasers, le delay de la piste et autres. Vous pouvez également utiliser le patch humanize pour ajouter un peu de delay au hasard. Je vous encourage vivement à écouter ceci quelques fois pour vous donner de l’inspiration!


Written by: pheek

Fondateur de Audio Services et musicien depuis les années 90's.
“Pheek has now mastered a number of our tracks and has always exceeded our expectations. Pheek understands exactly what we’re going for with our music and always takes each individual track to it’s next level.”
The Automatic Message

Info toggle Questions?

X

Des questions? Envoyez-moi un message.